Riverie
Auvergne-Rhône-Alpes, Rhône
Riverie, Petite Cité De Caractère®
Riverie est reconnue comme une Petite Cité de Caractère®. Cette marque témoigne de la qualité des patrimoines locaux et de l’engagement de la commune à les protéger et à les mettre en valeur. Autour de cette question centrale, se construit un tourisme à dimension humaine, privilégiant la qualité d’une rencontre, le plaisir de découvrir des pépites patrimoniales, de flâner dans la cité, d’être acteur d’une animation culturelle, d’aller au marché... Dans le Rhône, venez découvrir nos Petites Cités de Caractère®, leur histoire, leurs patrimoines et leurs habitants, et apprécier un certain art de vivre. Vous y trouverez cette carte numérique qui vous permettra de repérer facilement les différents points d’intérêts pour vous aider dans votre découverte.
Riverie, cité médiévale perchée du Rhône
Avec 42 hectares, la cité de Riverie, plus petite commune du Rhône, domine le plateau mornantais depuis un éperon rocheux à 730 m d’altitude. Le nom de la cité aurait 2 origines : - Riviria en latin indiquant une situation au-dessus d’une vallée arrosée d’un ruisseau - Rippe en celte rappelant un haut lieu escarpé. Le bourg médiéval était organisé en deux parties : - La partie « haute » construite au XIe siècle, où se dressait une forteresse protégée par des remparts, était occupée par la noblesse. - La partie « basse », entourée d’une deuxième enceinte de 1100 mètres de longueur, comprenait la cité où vivait la population à la recherche de la protection du seigneur du lieu. Quatre portes en permettaient l’accès. Le site est inscrit aux Monuments historiques depuis 1945. Site Patrimonial Remarquable depuis 2014, Riverie est homologuée Petite Cité de Caractère® depuis 2017.
Les fondations médiévales de Riverie (1090 - 1590)
La première mention de Riverie date du XIe siècle : Adon de Riverie fait construire une première forteresse d’abord en bois puis en pierre afin de contrôler le pertuis de Sainte-Catherine reliant la partie méridionale du Lyonnais (Rhône) aux plateaux montagneux du Forez (Loire) .En 1200, la seigneurie passe par mariage aux Roussillon, famille régnant sur la moyenne vallée du Rhône. Guillaume de Roussillon meurt en Terre Sainte à Saint-Jean-d’Acre en 1277. Sa veuve Béatrix de la Tour fonde la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez. La seigneurie est érigée en baronnie au milieu du XIVe siècle sous le règne d’Aymar de Roussillon.
De la Renaissance à nos jours (depuis 1590)
Lors des guerres de religion, Riverie est assiégée en août 1590. Le château est pris et totalement détruit par la Ligue représentant les royalistes ultra-catholiques de Lyon. Il est reconstruit sous sa forme actuelle dès 1600. En 1802, il est mis en vente et acquis par sept propriétaires différents, puis progressivement racheté par la commune. Jusqu’en 1920, Riverie est animée par un commerce local florissant avec cinq épiceries, huit cabarets et divers artisans tels qu’une boucherie, un menuisier, des forgerons-maréchaux-ferrant et des merceries. Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité commerciale décline et s’oriente principalement vers le tourisme. Un restaurant, un bar multi-services et des chambres d’hôtes accueillent actuellement les visiteurs.
Place du Marché
Le restaurant est installé depuis 1975 dans un ancien hôpital-hospice construit vers 1325. Géré par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dit des Hospitaliers, il accueillait les pèlerins en route vers Jérusalem ; à Riverie, il offrait abri et soins aux miséreux et aux malades. De l'autre côté de la place, l'ancien local de la Poste, rénové en 2025, est devenu l'Espace Rencontre, lieu associatif et culturel accueillant des expositions d'artistes locaux de mars à décembre, à l'initiative de l'association Patatr'Art. À gauche de la porte figure le blason de la famille Grimod-Bénéon, qui dirigea la baronnie de la fin du XVIIe siècle à la Révolution ; la commune l'a adopté en 1967. À l'angle de la place et de la Grande Rue se dresse l'ancienne maison du bailli, reconnaissable à son balcon et à sa tour carrée. Le bailli rendait la justice et contrôlait l'administration au nom du seigneur.
Grande Rue
La Grande Rue est l’artère principale de la cité. Sur l’une des maisons figure une plaque émaillée blanche. C’était la maison natale d’Antoine Vachez, bâtonnier des avocats, président de l’Académie de Lyon et maire de Riverie. Il publia en 1872 un ouvrage sur l’histoire de la baronnie de Riverie. Le Vieux Logis, maison du XVIIIe siècle, est reconnaissable à son porche d’entrée imposant et à une plaque en forme de parchemin. Elle était la demeure du notaire Maître Achard. Son fils, président de la cour d’appel de Lyon, a participé aux procès de la révolte des canuts, ouvriers tisserands de la soie à Lyon qui s’étaient insurgés contre leurs conditions de travail. Trente-cinq notaires se sont succédé à Riverie du Moyen Âge jusqu’en 1973.
Place de la Barre
Au Moyen Âge, on accédait à l'intérieur de la cité par une porte surmontée d'une tour située au bout de la Grande Rue. Ici se trouvait un péage : les voyageurs empruntant la route devaient payer une taxe destinée au seigneur de Riverie. La démolition de la porte, en 1816, permit d'élargir la rue. La propriété « l’Abri » est l’ancienne résidence de Marcel Pupier, dont la famille a créé la première chocolaterie industrielle en 1860 à Saint Etienne. La croix située au-devant est une copie de la croix du Mont Musard; le granit qui la compose vient d’une carrière de Noirétable. À cet endroit « le Grand Quinson », de son vrai nom Jean-Claude Fillon, annonçait ses prophéties entre 1780 et 1830. Ce visionnaire avait notamment prédit que, lorsqu’une grande croix s’élèverait au sommet du Signal à Saint André la Côte, une terrible guerre éclaterait : ce fut la Première guerre mondiale de 1914-1918.
Rue Morte
Au début de la rue, l'alignement des maisons, côté droit, est collé à l'ancien rempart qui formait la deuxième enceinte. A l'angle de la rue s’ouvre une perspective jusqu'à la première ligne de rempart dominée par le château. Le nom de cette rue rappelle un épisode tragique. À la fin du XVIe siècle, la France est plongée dans les guerres de religion. Antoine Camus, baron de Riverie, se dit partisan d'Henri de Navarre, héritier du trône mais prince protestant que la Ligue catholique refuse de reconnaître. Le 8 août 1590, sur ordre du Consulat de Lyon rallié à la Ligue, débute le siège de la place forte. Après la fuite de la garnison royaliste défendant le château dans la nuit du 11 au 12 août 1590, les ligueurs lancent l'assaut et prennent la cité. La population mâle restée sur place est massacrée et enterrée dans une fosse commune qui, selon la tradition, se trouverait sous cette rue.
Grande Rue du Suel
À l’angle de la maison dominant la place, une plaque posée sur le mur des anciennes halles rappelle qu’à cet emplacement il y avait le prétoire de justice, les oubliettes et la prison de la baronnie. De l’autre côté de la rue, dans le mur à l’angle du bâtiment hébergeant le restaurant au-dessus d’une porte actuellement murée, figure un blason représentant une « croix potencée d’or cantonnée de 4 croisettes », à l’origine les armes du Royaume de Jérusalem puis des chevaliers de l’ordre du Saint-Sépulcre.
Eglise Saint-Paul et maison du sénéchal
À l'origine chapelle du seigneur de Riverie, l'église fut restaurée en 1692 par le baron Grimod-Bénéon, qui déplaça l'entrée de l'ouest vers l'est pour l'ouvrir au peuple. Au-dessus de la porte principale figure son blason, encadré de deux levrettes et daté « 1693 ». L'église abrite la photo d'un bras-reliquaire contenant des fragments de l'humérus de Sainte Ursule, offert en 1509 au baron Claude Laurencin par Anne de Beaujeu, fille de Louis XI. Endommagé par la foudre en 1885, le clocher fut rehaussé en 1894 pour installer une troisième cloche, puis rénové avec les façades en 1985. Face à l'église, l'ancienne maison du sénéchal accueillit dès 1749 les sœurs de Saint-Joseph, congrégation fondée en 1744 pour instruire les pauvres filles et visiter les malades. Une pension pour enfants et religieuses âgées y fut créée en 1925. Depuis 1959, elle abrite une maison d'enfants à caractère social.
Château et sa terrasse
Située dans la première enceinte de la cité, la terrasse offre une vue panoramique sur les crêtes des monts du Lyonnais et Sainte-Catherine. Un tilleul y fut planté en 1595 à la demande de Sully pour symboliser la paix retrouvée, où il a subsisté jusqu’en 1998. Les toitures de la partie basse composent un paysage inscrit à l'inventaire des sites depuis 1932. Bâti au XIe siècle comme forteresse, le château appartint aux Roussillon, Thoire-Villars, Ducs de Bourbon et Claude Laurencin, avant d'être reconstruit sous sa forme actuelle par Antoine Camus ; la baronnie fut rachetée en 1673 par les Bénéon. Acquis par la commune entre 1880 et 1963, il est restauré dès 1947. La fête médiévale des « Rivériades », née en 1961 et relancée en 2013, a lieu tous les deux ans. L'aile ouest abrite mairie, école, salle des fêtes et bibliothèque ; l'aile nord, des chambres d'hôtes.
Place du Mont Musard
La vue depuis le Mont Musard, point culminant avec 734 m d’altitude, permet d’identifier la partie haute de la cité composée du château, de l’église et du quartier du Châtel, « Chastel » signifiant « château » en ancien français.
Chemin de Ronde
À la sortie du quartier du Châtel, en descendant jusqu’à l’intersection avec le chemin de ronde, se trouvait la « porte du Châtel ». Le chemin de la Vazette permet de rejoindre le site d’escalade « les Roches » en contrebas de la cité. À gauche à l’intersection, le Chemin de Ronde est soutenu par un mur en pierre représentant la première enceinte du bourg féodal. À l’horizon, le regard porte sur le massif du Pilat et une partie de la chaîne des Alpes. En prenant à droite, le Chemin de Ronde croise une nouvelle intersection surplombée d’un érable centenaire : l’arbre des cordonniers sous lequel, à partir des années 1880, les cordonniers travaillant à Riverie débattait de leurs conditions de travail et de leur salaire.
Table d'orientation
La table d’orientation a été aménagée en mai 1995 par la Communauté de Communes du Pays Mornantais. Par temps clair, le regard porte jusqu’au col de la Faucille (Jura), au massif du Mont-Blanc et aux monts du Diois. De cet emplacement, il est possible d’observer des oiseaux migrateurs. À droite du village de Saint Didier sous Riverie, sur la colline du Peu étaient dressées les fourches patibulaires de la baronnie où l’on pendait les condamnés à mort, laissés à la vue de tous pour signifier le droit de justice du baron.

