Pleaux
Auvergne-Rhône-Alpes, Ain
Pleaux, Petite Cité de Caractère®
Pleaux est reconnue comme une Petite Cité de Caractère®. Cette marque témoigne de la qualité des patrimoines locaux et de l’engagement de la commune à les protéger et à les mettre en valeur. Autour de cette question centrale, se construit un tourisme à dimension humaine, privilégiant la qualité d’une rencontre, le plaisir de découvrir des pépites patrimoniales, de flâner dans la cité, d’être acteur d’une animation culturelle, d’aller au marché... Dans le Cantal, venez découvrir nos Petites Cités de Caractère®, leur histoire, leurs patrimoines et leurs habitants, et apprécier un certain art de vivre. Vous y trouverez cette carte numérique qui vous permettra de repérer facilement les différents points d’intérêts pour vous aider dans votre découverte.
Pleaux, cité des châteaux en Xaintrie
Aux confins du volcan cantalien, Pleaux s’inscrit dans un paysage bocager caractéristique de la Xaintrie, qui est un plateau granitique entaillé de gorges profondes délimité par les trois rivières de la Maronne, de la Cère et de la Dordogne. La cité connaît une histoire riche en événements, illustrée par un patrimoine architectural remarquable et d’une grande diversité, dont cinq maisons à tours emblématiques de la cité. Elles portent le nom de leurs riches et influents propriétaires, Dognon, Luguet, Lignerac, autant de patronymes qui se sont illustrés dans l’histoire de l’Auvergne, du Limousin, voire de la France. À l’extérieur du bourg, Pleaux recèle de nombreuses demeures, maisons de maître et gentilhommières, des bâtisses agricoles cossues en basalte et en granit avec leurs toits de lauzes ou d’ardoises.
Cité primitive de Pleaux
Au tout début du christianisme en Haute-Auvergne (VIe siècle - VIIe siècle), la cité primitive se développe autour de l’église baptismale Saint-Jean, aujourd’hui disparue. L’importance de cette église dans la fondation de la cité est confirmée par l’étymologie de Pleaux : “plebes” qui désigne en latin une église baptismale. Au IXe siècle, cinq moines et leur prieur venus de l’abbaye bénédictine de Charroux en Haute-Vienne, s’y installent et contribuent à l’édification de l’église Saint-Sauveur (actuelle église Saint-Jean-Baptiste) et d’un ensemble monastique.
Ancienne bastide de Haute-Auvergne
En 1289, afin de mettre fin aux querelles incessantes des seigneurs de la ville et du prieur, Philippe IV le Bel, roi de France, établit avec l’abbé de Charroux, une charte de pariage (au Moyen Âge, convention de droit féodal entre un seigneur puissant et un autre, qui bénéficiait de la protection du premier en échange d'une part de ses revenus). Pleaux devient alors une bastide nommée Villefranche de Pleaux. Elle comprend un enclos primitif (villa antiqua) et la ville neuve (bastida), constituée d’une place publique entourée de maisons avec en son centre la halle et son poids. Par cette charte de pariage, le bailli des Montagnes de Haute-Auvergne, représentant du roi, et le prieur de Pleaux cohabitent pour rendre la justice en commun.
Hôtel de ville
Construit en 1845 par Théophile Carriat, dans le style Empire, il est situé en partie sur l’emplacement de l’ancienne église Saint Jean-Baptiste, aujourd’hui disparue. C’est autour de ce lieu de culte que se développe progressivement la cité primitive. Entièrement démolie à la suite de la Révolution Française, ses pierres servent à reconstruire la façade ouest de l’église Saint-Sauveur.
Église Saint-Sauveur
Placée aujourd’hui sous le vocable canonique de Saint Jean-Baptiste, cette ancienne église prieurale est édifiée par des moines bénédictins venus de l’abbaye de Charroux (Haute-Vienne) au IXe siècle, Roger comte de Limoges et son épouse Euphrasie d’Auvergne, leur ayant légué la terre de Pleaux. Son architecture comporte une nef, des bas-côtés nord et sud formés par la juxtaposition de chapelles funéraires seigneuriales, ainsi qu’un chevet plat surmonté d’une tour de défense ou tour-refuge dont les consoles en pierre pour mâchicoulis sont toujours visibles. Il sert aujourd’hui de clocher. Des pierres provenant de l’ancienne église Saint Jean-Baptiste sont réutilisées à partir de 1812 pour construire la chapelle et la sacristie entourant, de part et d’autre, le grand portail ouest.
Trésor de l’église Saint-Sauveur
Dans une ancienne chapelle funéraire de l’église Saint-Sauveur, un trésor d’art sacré rassemble pyxides (petite boîte à couvercle), châsses en champlevé (technique de travail de l'émail utilisée dans les arts décoratifs qui consiste à ôter un peu de matière pour y incruster de l'émail), calices, ciboires, croix, pietà en pierre polychrome. Dans le bas-côté sud, un calvaire comprend six statues en bois du XVIIIe siècle. Dans le chœur prennent place Saint Pierre, Saint Paul, Marie-Madeleine et Saint Jean l’Evangéliste, des XVIIe et XVIIIe siècles. L’orgue, construit en 1890 par les frères Eugène et Edouard Stolz, dont la célébrité s’étendait au-delà de la France, provient du petit séminaire de Pleaux.
Ancien château de Pleaux
En 1279, le prieur de Pleaux, unique seigneur de la ville, nomme quatre frères “viguiers” (magistrats chargés d'administrer la justice au nom des comtes ou du roi dans les provinces du Midi). En 1339, un des frères, Rigaud de Pleaux, chevalier, rend hommage à l’abbé de Charroux pour son château de Pleaux. Incendié en 1574, pendant les Guerres de Religion, il ne subsiste aujourd’hui qu’un corps de logis rectangulaire ainsi qu’une tour datée de la fin du XVe siècle, qui fut écrêtée à la Révolution Française, puis reconstruite vers 1920. Au fil des siècles, il a abrité successivement la prison, le tribunal de justice, la mairie, l’école primaire, l’hôtel des postes et aujourd’hui le presbytère. La porte d’entrée de la tour était défendue par une bouche à feu, et à l’arrière de la tour se trouve une canonnière.
Bâtiment du prieuré
Situé à côté de l’église Saint-Sauveur, cet ancien ensemble monastique, constitué de plusieurs maisons, appartenait au prieuré bénédictin relevant de l’abbaye de Charroux. L’architecture est typiquement médiévale et témoigne d’une recherche de protection. Des passages situés entre chaque maison en permettaient l’accès sans sortir de l’enceinte monastique. En effet, par la charte de pariage de 1289, passée entre le roi de France et l’abbé du monastère de Charroux, le prieur de Pleaux occupait une place de choix en devenant co-seigneur de la ville et possédait sa demeure dans l’enceinte primitive.
Maison forte
Connue sous le nom de château Deluguet, destinée à la surveillance d’une des principales routes desservant la cité, elle est constituée d’une tour carrée à l’arrière et d’un corps de logis rectangulaire flanqué d’une tour renfermant un escalier à vis. Son architecture est soignée comme l’attestent les éléments de décors. Elle est habitée au XVIe siècle par Jean Deluguet, notaire royal. L’un de ses fils aurait écrit à la demande du roi Henri IV un manuscrit intitulé « Mémoires concernant les Roys d’Aquitaine, Gascogne et Languedoc… » qui atteste de la cession des droits de la bastide de Pleaux par Henri IV à Jean de Rilhac, alors bailli des Montagnes d’Auvergne, en 1594.
Ancien hospice Saint-Charles
En 1715, Catherine de Rilhac, aidée par le curé de la paroisse et quelques âmes charitables, fonde une confrérie dite des Dames de charité qui avait pour but de distribuer à domicile un bouillon aux malades nécessiteux. En 1746, pour prolonger cette œuvre, est créé un hospice qui prend le nom de Saint-Charles et perdure jusqu’au début des années 1970. Cet hospice se trouvait dans l’ancien logis du château du Doignon. Sur la façade de l’hospice, un blason en pierre présente un lion rampant et un bâton accosté de deux molettes. On peut également distinguer des archères à la base de l’ancien corps de logis ainsi qu’une tourelle engagée dans la tour principale qui contient un escalier à vis raide et étroit desservant des pièces destinées à la défense et surveillance des lieux (XIIIe siècle – XVe siècle).
Maison à tour du XVIIe siècle
Maison construite sur un ancien ayral. Au cœur des bastides, pour une répartition équitable, les terrains qui bordaient la place publique étaient divisés en lots identiques nommés ayrals. L’actuelle rue des Tours, portait jusqu’au début du XIVe siècle le nom de rue traversière. Cette configuration architecturale d’ayrals (vient du latin area, occitan airial, "aire, espace vacant, terrain autour d'une maison") associée à une archive de 1501 permet d’attester de l’existence de la place publique de la bastide (actuelle place Georges Pompidou).
Enclos de la Reynie
À l’entrée du passage qui conduit à l’enclos de la Reynie se trouve un balcon en marbre rouge dont les éléments proviennent d’une partie de la table de communion de l’ancienne église Saint Jean-Baptiste, aujourd’hui disparue. Selon une archive de 1501, l’enclos de la Reynie était constitué à cette date d’une cour intérieure, entourée de deux maisons dites de la Reynie (signifiant “royaume” en ancien français) et d’une troisième, qui était la maison du notaire royal, Lachaze. Au XVIIe siècle, les marchands drapiers Verdier et Rongier habitaient les deux maisons dites de la Reynie et y tenaient leur boutique, illustrant l’activité textile commerçante de la ville de Pleaux, très prospère à cette époque.
Maison fortifiée
Cette maison de la fin du XVe siècle était habitée par une famille de médecins, la famille Dapeyron de Cheyssiol, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Cet édifice possède une belle porte et une fenêtre d’époque Renaissance. A l’extérieur de cette demeure, trois bouches à feu témoignent de son caractère défensif. L’utilisation de l’arbalète, tout comme celle de l’arc est abandonnée dès la fin du Moyen Âge au profit des couleuvrines et des mousquets, dès l’apparition de la poudre noire en Europe. Cette maison fortifiée protégeait la rue d’Empeyssine menant à l’ancien chemin de Mauriac.
Champs de foire d’Empeyssine
C’est en ce lieu que se sont tenus et que se tiennent encore des foires et des marchés très importants, entre Corrèze et Cantal, d’où l’installation d’un poids public (1900). En 1852, une fontaine publique est construite. La remarquable croix de mission, quant à elle, est installée sur cette place vers 1890 et comporte les symboles de la passion du Christ. Quelle mission pour la croix : les croix de mission étaient érigées pour clôturer les missions. Elles portent souvent la date à laquelle la mission s'est tenue dans la paroisse. Ces missions, qui duraient plusieurs semaines, étaient prêchées par des missionnaires itinérants et étaient très suivies par la population.
Ancien couvent des Carmes
Un couvent de l’ordre des Carmes est fondé à Pleaux en 1630 et ses bâtiments édifiés en 1660 sur les terres de Guillaume-François Dapeyron. Terminé en 1700, le couvent prend le nom de “Couvent de Notre-Dame-du-Carmel", puis fut désaffecté en 1790. En 1792, un groupe de révolutionnaires y tenait ses réunions politiques dans la chapelle du couvent. L’ancien couvent est transformé en petit séminaire, en 1806, sous l’impulsion de l’abbé Mailhes, curé de Pleaux. Cet établissement forme alors une partie des élites du Cantal. Plusieurs figures emblématiques sont associées à ces lieux, dont Jean Pierre Pagis, évêque de Verdun, et Jules Géraud Salièges, cardinal et archevêque de Toulouse. Le petit séminaire est supprimé le 13 décembre 1906 et abrite aujourd’hui le collège d’enseignement général Raymond Cortat.
Maison à la Mansart
La maison édifiée en 1777 dans l’enclos de la Reynie par la famille Gineste (famille d’hommes de loi), a été conçue pour être louée. Elle comprenait quatre appartements desservis par un escalier commun. Au XIXe siècle, elle devient propriété des Naudet, famille de médecins. Sa toiture est remarquable, totalement en lauzes de schiste, à quatre versants et deux pentes différentes, dite « à la Mansart ». Elle porte trois niveaux de lucarnes, dont un possède des ouvertures maçonnées à fronton et deux niveaux supérieurs dotés de petites lucarnes charpentées à « la capucine ».
Institution Saint-Joseph
Dès 1808, des religieuses de Saint-Joseph s'installent à Pleaux dans l’ancien hospice Saint-Charles. On leur attribue alors le titre de Dames de charité. En 1814, l’abbé Mailhes leur achète ces bâtiments plus fonctionnels qui comprenaient une chapelle, un parloir, une cour et un jardin. À l’entrée, on peut voir une très belle grille en fer forgé ainsi que sur la droite la chapelle surmontée de son joli clocheton. Cet établissement réputé dispensait aux jeunes filles une instruction qui les amenait jusqu’au baccalauréat. L’institution accueille aujourd’hui une trentaine d’élèves scolarisés en primaire.
L’Ensemble Saint-Joseph au service du public
Dans l’ancien collège Saint-Joseph, sous l’impulsion du Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) du Cantal, une résidence d’architecture et de paysage a permis de fédérer les habitants autour d’une initiative participative dans le processus de réflexion sur la réhabilitation des lieux. L’ancien collège s’est ainsi muni d'un pôle numérique de qualité pour les entreprises et les particuliers, offrant des facilités pour le travail à distance et favorisant ainsi l'apparition d'un village d'entreprises numérique et d'un espace de coworking. Le soutien à la vie culturelle et associative se traduit par la mise en place d’un espace associatif et d’une salle d’exposition dans la chapelle Saint-Joseph.
Archistoire
Pour aller plus loin dans la visite, il est possible de télécharger gratuitement Archistoire, application mobile de visites culturelles et patrimoniales éditée par les Conseils d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE). C’est un véritable outil pédagogique numérique avec vidéos, incrustations de dessins, qui permet d’interpréter les paysages naturels et bâtis, et de visiter des lieux non accessibles au public. À Pleaux, les éléments du Trésor de l’église deviennent ainsi visibles à l'œil du visiteur.
L’Herminette
Exposition sur les métiers du bois, au travers d’un millier de photos, maquettes, sculptures, outils anciens dont certains ont plus de 100 ans ! Formier, layetier, mairandier, feuillardier, boisselier, sont à découvrir auprès de Jean-Claude Roubertou, sculpteur depuis 50 ans. La visite de l'Herminette est un parcours qui va de l'arbre au bois ouvragé. Il est également possible pour les grands et petits, d'utiliser un rabot et débuter leur initiation au travail du bois.
Pleaux, cité animée
Pleaux se visite à travers son patrimoine bâti, la découverte de ses artisans d’art (verrier, sculpteur, …), mais aussi en profitant de ses animations estivales, offrant un moment de partage unique avec ses habitants. Les mardis pleaudiens proposent des concerts tous les mardis de l’été. En juillet, les festivals « Fest’Irlande », « Festival des Jeunes Agriculteurs » et « Guitares à Pleaux » sont des incontournables.
Ce projet de carte interactive est porté par les associations Petites Cités de Caractère® de France, Petites Cités de Caractère® en Auvergne Rhône Alpes et par la commune de Pleaux
Il est soutenu financièrement par la convention FNADT du Commissariat Massif Central, et par l'appel à projet "patrimoine et numérique" de la Région Auvergne Rhône-Alpes, et par la Fondation d'Entreprises du Crédit Agricole Centre France.
Le plan de la commune (visuel de fond) a été réalisé par Laura Catheline - atelier passage.
Les traductions en anglais ont été réalisées par l'Office de tourisme de la Châtaigneraie cantalienne.
Les voix ont été produites et enregistrées par Hélène Poussin - Compagnie « les pieds bleus » (version française), et Nico Productions (version anglaise).
Les photos ont été produites et réalisées par Frédéric Angot, Patrick Forget, OT Pays de Salers, CAUE Cantal, Mairie de Pleaux, Petites Cités de Caractère®, Antom Production - Antony Moujol, CC&CC, Editions Roux.
La vidéo a été produite et réalisée par Petites Cités de Caractère®.
Conception et développement de la carte interactive par Tabula Rasa.
Ce projet de carte interactive est porté par les associations Petites Cités de Caractère® de France, Petites Cités de Caractère® en Auvergne Rhône Alpes et par la commune de Pleaux
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Les photos ont été produites et réalisées par Frédéric Angot, Patrick Forget, OT Pays de Salers, CAUE Cantal, Mairie de Pleaux, Petites Cités de Caractère®, Antom Production - Antony Moujol, CC&CC, Editions Roux.
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Conception et développement de la carte interactive par Tabula Rasa.





